65 ans de libre circulation des personnes : le Benelux reste un modèle de coopération européenne
Journée Benelux célébrée à Luxembourg
Luxembourg-Ville, le 5 septembre 2025 – Le Benelux célèbre aujourd’hui une étape historique : 65 ans de libre circulation des personnes entre la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg. Lors de la Journée Benelux annuelle, organisée sur la Place d’Armes au cœur de Luxembourg-Ville, citoyens, décideurs politiques et représentants des institutions Benelux se réunissent pour célébrer cette réalisation avant-gardiste.
Pionnière d’une Europe sans frontières
Bien avant l’accord de Schengen, le Benelux a ouvert la voie, en 1960, à une Europe sans frontières intérieures. La libre circulation des personnes, audacieuse à l’époque, est devenue un pilier fondamental de la coopération européenne. Aujourd’hui, étudiants, entrepreneurs, travailleurs frontaliers et services de police bénéficient de cet héritage pionnier.
Une fête pour les citoyens
La Journée Benelux est bien plus qu’une cérémonie : c’est un événement vivant, avec musique, discours et rencontres entre citoyens et responsables politiques. Elle rapproche le Benelux des citoyens et démontre les avantages concrets de la coopération.
Des institutions solides, une vision partagée
Les institutions Benelux – le Parlement Benelux, le Comité des Ministres Benelux, la Cour de Justice Benelux, le Secrétariat général Benelux – ainsi que l’Office Benelux de la Propriété Intellectuelle (BOIP) soulignent l’importance durable de la libre circulation en tant que principe juridique et moteur d’innovation.
Xavier Bettel, président du Comité des Ministres Benelux, vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères et du Commerce extérieur :
« Le 5 septembre 1944, dans une période marquée par la loi du plus fort, trois gouvernements en exil ont signé l’accord qui allait jeter les bases de l’Union Benelux, précurseur de l’Union européenne.
La coopération et la solidarité allaient impliquer notamment la liberté de circulation, l’Union Benelux préfigurant l’espace Schengen. La loi librement partagée allait remplacer la loi du plus fort.
Toutefois, chassée par le portail, la loi du plus fort a toujours tendance à revenir insidieusement par la petite porte…
Dans ce contexte, depuis plus de 50 ans, la Cour de Justice Benelux veille à l’uniformité de la loi partagée et continuera en ce sens, tout en résolvant les litiges portés devant elle, avec sagesse et prudence en tendant vers la paix sociale dans un esprit d’équilibre visant l’unité dans le respect de la diversité. »
Francine Closener, présidente du Parlement Benelux :
« Cette Journée Benelux est particulière : nous célébrons les 70 ans du Parlement Benelux, les 65 ans de la libre circulation et les 40 ans de Schengen. On oublie souvent que le Benelux est le berceau de Schengen. Plus que jamais, nous devons refuser une Europe qui se replie sur elle-même et défendre un continent où la libre circulation reste un droit acquis. »
Francis Delaporte, président de la Cour de Justice Benelux :
« Le 5 septembre 1944, dans un monde régi par la loi du plus fort, trois gouvernements en exil ont posé les bases de l’Union Benelux. Ils ont choisi la coopération et une législation commune comme alternative à la politique de puissance, avec la libre circulation et la solidarité comme fondements. Aujourd’hui, la Cour de Justice Benelux veille depuis plus de 50 ans sur cet ordre juridique partagé, dans un esprit d’équilibre et de respect de la diversité. »
Frans Weekers, secrétaire général de l’Union Benelux :
« Nous avons rendu possible la libre circulation entre nos trois pays. Plus de barrières aux frontières intérieures – une chose que nous considérons aujourd’hui comme évidente en Europe avec Schengen. Mais cette liberté de circulation est aujourd’hui sous pression. Ce qui n’aide pas, c’est de refermer nos frontières intérieures. Ce qui aide vraiment, c’est d’agir de manière ciblée, rapide et surtout conjointe grâce au nouveau traité de police Benelux. C’est ainsi que nous protégeons au mieux nos libertés fondamentales. »
Hugues Derème, directeur général du BOIP :
« La libre circulation des personnes est un fondement d’un marché intérieur performant – un marché moteur d’innovation, de créativité et d’entrepreneuriat. En protégeant la propriété intellectuelle dans un espace Benelux unifié, nous renforçons, au BOIP, la capacité d’innovation et la compétitivité de toute la région. »
Un message à l’Europe
À une époque où les frontières réapparaissent, le Benelux démontre que la coopération transfrontalière et la confiance mutuelle restent des piliers puissants du projet européen.